Réforme des plaques d’immatriculation en RDC: Le ministère des Finances répond aux critiques en promettant sécurité et transparence dans la mise en œuvre du nouveau système.
Face à une vague de critiques et de soupçons d’opacité, le ministère des Finances de la République démocratique du Congo a pris la parole.
L’objectif : justifier une réforme jugée vitale pour la sécurité nationale et rectifier le tir sur les chiffres qui circulent dans l’opinion publique.
Le dossier des nouvelles plaques d’immatriculation sécurisées n’est plus seulement une question administrative, c’est devenu un enjeu de gouvernance.
Pour le gouvernement, il s’agit avant tout de mettre fin à un « Far West » automobile qui menaçait la sécurité de l’État.
L’un des arguments les plus frappants avancés par le ministère est l’anarchie totale du système précédent. Le constat est alarmant :
- Doublons en circulation : Plusieurs véhicules partageaient parfois le même numéro.
- Souveraineté bradée : Des plaques d’immatriculation congolaises étaient même mises en vente sur des sites de commerce en ligne à l’étranger.
En lançant cette réforme, le pouvoir public affirme vouloir « restaurer l’autorité de l’État » grâce à un système de traçabilité moderne, rendant la falsification quasi impossible.
Le ministère a tenu à clarifier la chronologie des faits. Si le projet semble avoir pris du retard, c’est que la tentative initiale de 2022 s’était heurtée à des murs juridiques (absence d’études de faisabilité conformes aux règles des partenariats public-privé).
Le nouveau contrat, validé par la Première Ministre et l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) est présenté non pas comme un marché de gré à gré occulte mais comme un appel d’offres restreint.
Un point crucial est souligné : les prestataires ont été choisis avant même l’arrivée de l’actuelle direction du ministère, écartant ainsi les accusations de favoritisme immédiat.
C’est sans doute le point le plus sensible pour les automobilistes congolais.
Le ministère dénonce une simplification trompeuse des coûts : - L’allégation : La plaque coûterait 30 USD à produire.
- La réponse officielle : Ce chiffre omet la logistique, le transport, la marge du fournisseur et surtout, le coût du système informatique sécurisé.
- Le prix final : Fixé à 115 USD (en baisse par rapport aux 120 USD anciens), il devrait même chuter à 105 USD dès 2027.
Parallèlement, le Trésor public sort gagnant de l’opération avec une part des recettes augmentée de 14,3 %, sans intervention d’intermédiaires privés opaques dans le montage financier.
En sortant du silence, le ministère des Finances tente de transformer une polémique en un débat technique.
Si la baisse du prix et la promesse de sécurité sont des arguments séduisants, le succès de cette réforme dépendra de la fluidité de sa mise en œuvre sur le terrain et de la réelle disparition des circuits parallèles.
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